18ème Festival International du Film Insulaire de Groix

Wednesday  22 August  2018  9:00 AM    Sunday  26 August  2018 2:00 PM
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Last update 27/08/2018
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EDITO 2018
« Une très belle chose est arrivée, nous avons été envahis par les migrants ». Ces paroles emplies d’humanité et de tolérance ont été prononcées par Leoluca Orlando, le maire de Palerme, dans une interview accordée au journal Libération, le 9 janvier dernier...
Malgré les dernières élections législatives qui ont vu arriver sur la scène politique italienne une majorité d’extrême droite et populiste, Leoluca Orlando n’est pas le seul à porter un regard positif sur l’arrivée de personnes extérieures à l’île. Ces personnes permettent de repeupler des villages abandonnés du centre de la Sicile, de dynamiser l’économie et d’ouvrir les esprits des insulaires les plus réticents.
La tradition d’accueil de l’étranger - entendu comme celui qui vient d’ailleurs et non comme un envahisseur - est millénaire sur ces îles de Méditerranée, plus près du continent africain que de la botte italienne. Elle est malheureusement ébranlée par la catastrophe humanitaire que l’on connaît, et face à laquelle ces insulaires se sentent de plus en plus seuls et démunis. « On voudrait donner son cœur mais comment faire ? » se désespère Toni, un pêcheur de Lampedusa, lui-même venu en aide à des embarcations de migrants en détresse (Persisting dreams, de Côme Ledésert, un court métrage en compétition).
Il faut cependant continuer à s’organiser pour accueillir, tant que les gouvernements européens ne proposent pas de solution commune. C’est la mission que poursuit SOS Méditerranée, invitée du festival, avec son bateau l’Aquarius. Depuis 2015, ses marins-sauveteurs n’ont qu’un seul but : sauver ses combattants de l’exil d’une noyade certaine.
La compétition de cette année aborde, avec Pescatori di corpi, de Michele Pennetta, la complexité de la situation sicilienne, carrefour stratégique malgré elle, prise au piège d’un écheveau géopolitique et humanitaire inextricable. Elle met aussi le cap sur l’île Christmas où les crabes migrateurs rejoignent la mer sous la protection des hommes alors que les migrants, eux, restent enfermés dans des camps, sous bonne garde, humaine elle aussi. Elle nous emmène également à la rencontre des habitants de Vopnafjörður en Islande, dans le bidonville de « Flamboyant » à Tahiti ou dans la case du poète haïtien Dominique Batraville...
Ces histoires pourront être écoutées, suivies, entendues par les insulaires et continentaux, sur les ondes de Radio Balises, 99.8 FM, que nous sommes ravis d’accueillir pour la deuxième année consécutive sur le festival et dont l’antenne groisillonne devrait faire entendre l’écho grek dès la rentrée.
La découverte de l’autre reste la raison d’être du festival. Et cette volonté anime aussi les choix cinématographiques que nous faisons : les films programmés circulent pour la plupart hors des salles commerciales, leurs rares espaces de diffusion sont des événements comme le Fifig... et ils n’ont souvent de visibilité que pour celles et ceux qui ont à cœur d’aller vers l’autre et de le rencontrer. Nous sommes fiers et heureux de leur offrir cette opportunité.
Nous espérons que chacun des films, chacun des concerts, chacune des expositions et chacune des personnes croisées sur le festival vous questionnera, vous interpellera, vous touchera, vous fera réfléchir... et surtout que cette programmation et ces rencontres ne vous laisseront pas insensibles et vous permettront de vous élever comme elles nous élèvent depuis dix huit ans !
L’équipage du Fifig
Plus d'informations : http://www.filminsulaire.com/

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